Les amateurs de courses parlent une langue étrangère, c’est bien connu. Ils usent d’un jargon souvent imagé qui diffère d’une enceinte à une autre. Un pelousard ne parle pas exactement comme un entraîneur de plat, du moins pas en public. De la même façon, un trotteur n’a pas les mêmes références qu’un galopeur, puisqu’il s’agit de deux disciplines et de deux mondes aux origines différentes.

Bien entendu, ce langage grouille de « faux amis », dont le sens commun n’a rien à voir avec celui qu’il prend une fois franchies les grilles de Longchamp ou la porte d’un café PMU, raison pour laquelle un petit lexique peut s’avérer utile…

A

A CHEVAL : Parier à cheval, c’est jouer gagnant et placé un même concurrent. Aucun rapport connu avec le hamburger.

ACCROCHER (s’) : Deux trotteurs s’accrochent lorsque la roue du sulky de l’un, ralentissant, passe à l’intérieur de celle de son voisin et l’empêche de progresser.

ACTION : L’action d’un cheval, c’est l’ampleur de son mouvement. Un galopeur ou un trotteur a « grande action » lorsque ses foulées couvrent beaucoup de terrain. Même chose pour les battues d’un trotteur. On peut à l’inverse dire d’un cheval qu’il a « petite action » ou qu’il n’a plus d’action du tout, c’est-à-dire que l’amplitude de son geste se réduit progressivement, parfois sous l’effet de la fatigue.

AFFICHER : Placer un cheval dans les trois premiers, souvent à grosse cote, alors qu’il est inattendu. Souvent utilisé dans ce sens par les parieurs à tendance paranoïaque : « Nanard m’a fait afficher Brunoise à trente contre un ! Il l’a fait exprès. »

AFFUTE : Préparé pour une course, un objectif. On « affûte » un cheval pour une grande épreuve, comme on affûte un couteau avant de tuer le cochon.

AGE : Les chevaux changent tous d’âge au I er janvier, quelle que soit leur date de naissance (la plupart d’entre eux naissent entre février et mai). Dans l’hémisphère Sud, comme les saisons sont inversées, les anniversaires ont lieu le I er août.

AIGLES (piste des) : Un des terrains d’entraînement les plus fameux de Chantilly, où sont basés la plupart des meilleurs pur-sang en France. On galope « sur les Aigles ».

AIR SOUS LEVENTRE (avoir de I’) : Se dit d’un cheval haut sur jambes.

ALLER-RETOUR : Dans les épreuves réunissant un petit nombre de concurrents, sept au plus, l’ordre d’arrivée des deux premiers doit être précisé au jumelé (jumelé dans l’ordre). Si l’on veut jouer les deux ordres possibles, on stipule « aller-retour » au guichetier. Exemple : « Faites-moi le jumelé 2-4 aller-retour. Bien entendu, la mise est doublée puisqu’on parie alors sur deux combinaisons différentes.

ALLANT : Un cheval allant veut prendre l’avantage sur ses adversaires dès le début du parcours.
Il galope ou trotte plus vite que son pilote ne le désire.

ALLURE : Mode de déplacement d’un cheval. Le galop, le pas, le trot et l’amble sont les allures les Plus courantes. Toutes sont naturelles mais les deux dernières sont, à l’état sauvage, des allures de transition entre le pas et le galop.

ALPHABET : Les trotteurs et les chevaux autres que pur-sang, aussi appelés « AQPS », nés une année donnée partagent la même initiale, comme les chiens, par exemple. Cependant, les lettres W, X,Y et Z sont omises en France. On passe directement de la lettre V à la lettre A. Les fonctionnaires des haras nationaux craignaient le manque d’imagination des éleveurs, en particulier chez les trotteurs. Un coup d’œil sur un programme suffit à les comprendre… Dans le passé, les naisseurs étaient autorisés à ajouter un chiffre à un nom s’il était déjà pris, d’où les fameux Héros XII chez les pur-sang ou Bellino II chez les trotteurs. C’est très pratique, cependant, pour retrouver par déduction l’âge d’un cheval. Les pur-sang et les trotteurs étrangers (exception faite de l’Italie et de la Belgique, qui n’ont pas les mêmes initiales que les nôtres car ils ont démarré l’alphabet à une autre époque) ne sont pas soumis à ce type de restrictions dans la mesure où il s’agit d’un élevage mondial et libéral, au sein duquel l’anglais prédomine d’ailleurs. Néanmoins, certains grands élevages tiennent à conserver la même initiale lorsqu’ils baptisent une pouliche, de façon à mieux se repérer dans leurs lignées maternelles. Les Allemands, eux, distinguent carrément des familles entières ainsi, toutes les femelles ayant gardé la même initiale.

AMBLEUR : Chez les chevaux d’attelage américains, on différencie deux allures : le trot, et l’amble, une allure croisée et une allure symétrique. Le programme est également réparti entre ces deux allures mais l’élevage de base est le même. L’amble est légèrement plus rapide que le trot, il est interdit évidemment dans les courses françaises au trot, comme d’ailleurs dans la plupart des pays d’Europe, où cette spécialité est rarement pratiquée (un peu au pays de Galles et en Irlande). On trouve en revanche de nombreuses courses d’ambleurs en Australie et en Nouvelle-Zélande.

ANE : Cheval médiocre.

ANIMATEUR : Celui des concurrents qui mène le peloton. On dit aussi leader.

AQPS : Initiales de « autres que pur-sang », par lesquelles on désigne les galopeurs ne faisant pas partie du stud-book des pur-sang. Cet élevage parallèle est généralement orienté vers les épreuves d’obstacles et il est aujourd’hui très concentré en pur-sang mais il a sa spécificité. Sept fois lauréat du prix La Haye Jousselin, une des grandes courses d’Auteuil, Al Capone II, par exemple, est un AQPS.

ARPETTE : Apprenti(e).

ARRETE (gagner) : Gagner très facilement, en toute décontraction.

ATTACHE-LANGUE : Pour empêcher les chevaux de passer la langue sur le mors, ce qui peut leur compliquer la respiration, on attache leur langue à l’aide d’un morceau de bas nylon ou d’une lanière de cuir.

ATTELE (trot) : Les deux tiers des courses au trot en France sont à l’attelé, c’est-à-dire que les chevaux tirent un sulky, au contraire du trot monté, qui représente l’autre tiers du programme et demeure une exclusivité française.

ATTENTE (course d’) : Faire une course d’attente, c’est placer son partenaire au sein du peloton dans l’espoir de pouvoir se dégager au moment opportun pour battre les animateurs sur une pointe de vitesse, en fin de parcours.

AUTOSTART : Automobile équipée de deux ailes rétractables derrière lesquelles les trotteurs se rangent selon un ordre prédéterminé au départ. Lancé progressivement à pleine vitesse, l’autostart distance les chevaux au niveau du poteau de départ et replie ses ailes pour quitter la trajectoire du peloton.

C’est le mode de départ privilégié sur la plupart des pistes d’Europe, le seul utilisé en Amérique du Nord et en général dans les épreuves de vitesse. Les Suédois, toujours très pointilleux, ont inventé un système d’accélération progressif et automatique qui fait désormais référence dans le monde encore méconnu des conducteurs d’autostarts. Les places des concurrents, qui peuvent être répartis sur plusieurs lignes (on a vu de grandes épreuves américaines avec trois rangées de trotteurs, mais en temps normal on se limite à deux rangées), dépendent de leurs gains et d’un tirage au sort.

Les neuf trotteurs les plus riches, si la « barrière » (comme disent les Québécois) est assez large pour en contenir autant, sont en première ligne. A chaque ligne, les places sont tirées au sort. Les meilleures positions sont généralement celles du centre : à l’extérieur, on a trop de terrain à couvrir s’il faut emprunter un virage en prenant son élan, et à la corde, on ralentit à l’approche d’un tournant lorsque les chevaux de l’extérieur sont lancés à pleine vitesse.

AVION : Cheval très supérieur à ses adversaires, généralement issu d’une grande écurie. L’usage de ce terme peut sous-entendre, chez les plus paranoïaques, que le cheval désigné est sous l’effet d’un stimulant.

AVOINE (gagner son) : Se dit d’un cheval qui paie tout juste ses frais de pension avec ses gains de course. Comme le carburant naturel d’un cheval de courses le plus coûteux, c’est l’avoine, on fait référence à cet aliment en particulier.

B

BALAIS : Désigne les haies, par opposition aux obstacles de steeple-chase, qu’on appelle souvent les « gros ». Exemple : « Il est pas assez vite pour les balais mais comme il saute comme un chat, je vais le mettre sur les gros ! »

BALANCES : Partie de l’hippodrome réservée, initialement, à la pesée des jockeys. Par extension, les balances désignent désormais la zone réservée aux titulaires de licences et à leur entourage, c’est-à-dire les propriétaires, les entraîneurs, les jockeys, les journalistes.

BALZANE : Marques blanches au bas des jambes, parfois appelées « chaussettes » lorsqu’elles dépassent le genou ou le jarret. Un adage de marchands de chevaux disait jadis : « Balzane une, cheval de fortune ; balzane deux, cheval de gueux ; balzane trois, cheval de roi ; balzane quatre, cheval à abattre. »

BARRILLETTE : Méthode de jeu sournoise consistant à parier sur les chances du moins en vue des représentants d’un même entraîneur dans une épreuve, en soupçonnant une manœuvre.

BETE A CHAGRIN : Cheval qui a souvent échoué à petite cote.

BETTING : La répartition des paris, l’organisation des cotes. Exemple : « Quelles sont ses chances au betting ? – Heu… neuf contre un, d’après la télé. »

BIGORNER : Retenir son cheval dans une course pour obtenir une position plus avantageuse lors d’une sortie suivante. Cette pratique, punie par le code des courses, est le plus souvent pratiquée dans les handicaps, puisqu’une série de performances médiocres peut décider le handicapeur, qui fixe le poids à porter par les concurrents dans ce type d’épreuves, à baisser ce poids par la suite.

BISON : Terme par lequel on désigne en général des trotteurs.

BON A RIEN : Journaliste hippique ou pronostiqueur, dans la bouche de beaucoup d’entraîneurs.
Peut être promu au rang envié d' »escroc », si le journaliste a une écurie de courses par-dessus le marché.

BOOKMAKER : (ou « Book ») Preneur de paris. Métier illégal en France mais courant dans d’autres pays d’Europe et en particulier en Grande-Bretagne. Par opposition au pari mutuel, dont les cotes évoluent en fonction des enjeux, celles des books sont fixes. On s’entend sur une cote et on s’y tient, quoi qu’il arrive ensuite (y compris le retrait du cheval).

BOTTOM-WEIGHT : Littéralement « poids du fond » en anglais, désigne celui des concurrents qui porte le plus petit poids au départ d’un handicap, par opposition au top-weight, le « poids du haut ».

BOULET : Articulation située au-dessus des sabots et dont la forme et la taille évoquent celles d’un boulet de canon. Elle est d’ailleurs surmontée d’un os long appelé « canon ».

BOURREUR (ou bourrin) : Driver ou jockey ayant une tendance à prendre les devants quoi qu’il en coûte. On use aussi du verbe « bourrer ».

BOURRIN : Cheval médiocre, assez rarement utilisé dans le monde des courses.

BRAS (gagner aux) : Au galop, remporter une course sans se servir de la cravache, juste en accompagnant le mouvement du cheval « aux bras ».

BRICOLE : Pièce de harnachement rattachée au harnais ou à la sangle de part et d’autre du cheval en passant par son poitrail, un collier relié à la bricole passe sur l’encolure. La bricole a deux vertus : elle prévient le recul de la sangle et permet parfois au jockey de se retenir en cas de difficulté.

BULLE : Un zéro, signifiant « non placé » dans le résumé d’une carrière (voir « musique »).

C

CABOCHARD : Se dit d’un cheval qui fait preuve de mauvaise volonté.

CAKE : Concurrent dont la victoire est réputée certaine.

CANASSON : Cheval médiocre, très rarement usité dans le monde des courses.

CANTER : Galop retenu, de faible amplitude ; cette allure est généralement celle des chevaux qui se rendent au départ d’une course. Également utilisé au trot, le canter désigne dans cette discipline les échauffements préalables au départ.

CARBONISE : Usé, généralement par l’âge.

CARREAUX : Œillères.

CASTRATION : Ablation des testicules. Cette opération vise généralement à calmer un mâle au tempérament un peu trop difficile, ou plus préoccupé par la reproduction que par la compétition. Il arrive aussi qu’on soit obligé de castrer un cheval lorsqu’il doit rester longtemps en convalescence, pour éviter qu’il ne se blesse en voulant prouver quelque chose. Bien entendu, cette intervention, par laquelle un mâle devient un hongre, lui interdit définitivement une carrière d’étalon. De nombreuses épreuves importantes en France sont interdites aux hongres.

CAVES (cheval des) : Mauvais favori. On parle aussi de « l’argent des caves », misé sur cet animal sous-coté.

CHALEUR : Une jument en chaleur, ou « sous l’influence de son sexe », est souvent plus molle que d’accoutumée. Cela se produit parfois au printemps et au début de l’été, la saison de la reproduction.

CHAMEAU : Grand trotteur peu élégant.

CHAMP : Technique de jeu associant, dans les paris combinés (jumelés, trios, quintés+) une ou plusieurs bases à une sélection tournante d’autres chevaux. Deux formules : le champ réduit, qui associe une partie des concurrents aux bases, et le champ total, par lequel on leur marie tout le peloton.

CHAMP DE COURSES (rendre le) : Refaire beaucoup de terrain après avoir pris du retard dans le parcours.

CHARRETTE : Indice permettant de repérer à coup sûr un néophyte sur un hippodrome. Le profane désigne par ce mot ce que le turfiste connaît sous le nom de sulky, c’est-à-dire l’attelage léger sur lequel les drivers sont assis pour mener les trotteurs. On préférera éventuellement le terme « bagnole » à celui de « charrette », vraiment honni.

CHASSE (galop de) : Petit galop, destiné généralement à échauffer les chevaux. Moins rapide que le canter.

CHATAIGNE : Excroissance osseuse qu’ont tous les chevaux au niveau des genoux et des jarrets. A l’origine, les tout premiers chevaux avaient plusieurs doigts, comme la plupart des mammifères terrestres, mais ceux-ci se sont soudés à l’exception d’un seul, aujourd’hui atrophié mais toujours visible : c’est la châtaigne.

CHERCHER SA COURSE : Un cheval cherche sa course lorsqu’il a terminé plusieurs fois près du ou des premiers au cours de ses dernières sorties.

CHIEN : Mauvais cheval, très irrespectueux. On ne dit jamais à un entraîneur ou à un propriétaire que son cheval est un chien, au risque de se faire traiter soi-même comme tel.

CHRONO : Au trot, la qualité des chevaux est souvent mesurée à l’aune de leur record de vitesse. Quelle que soit la distance parcourue, elle est réduite au temps mis pour parcourir un kilomètre. Le record mondial est de I minute 8 secondes 9 dixièmes au kilomètre (sur un parcours de I 609 mètres et une piste de I 609 mètres), réalisé par le champion suédois Victory
Tilly le 3 août 2002 à Meadowlands. Les meilleurs lauréats des grandes courses à Vincennes affichent un chrono de I minute 12 secondes à I minute 14 secondes, selon les parcours. Pour avoir le droit de disputer des courses officielles, les trotteurs les plus jeunes doivent se « qualifier » en réussissant un chrono, variable selon leur âge, sur la distance de 1500 mètres. On dit généralement « il a marché 15» lorsqu’un cheval a affiché une réduction kilométrique de I minute 15 secondes au kilomètre, ou « il a trotté sur le pied de I minute 15 secondes ». On associe souvent le nom des étalons trotteurs avec leur record personnel, qui est censé situer leur niveau.

CHUCHOTE : Se dit d’un cheval qui fait l’objet de rumeurs favorables.

CLAQUETTE : Cheval léger, de petit modèle.

CLASSE : Terme difficile à définir car très subjectif. Un cheval de classe est bon, par définition, mais il fait aussi preuve de panache. On dit parfois d’un cheval qu’il a de la classe lorsqu’on a l’impression que son potentiel n’a pas été complètement révélé, ou qu’il est compromis par un autre défaut.

CLASSIQUE : Les courses classiques sont au nombre de cinq. Elles s’adressent aux pur-sang de trois ans et font partie des plus anciennes du programme. On distingue d’abord les I 000 guinées (femelles) et les 2 000 guinées (mâles), qui se disputent à Newmarket au début du mois de mai, comme les poules d’essai, qui sont leur pendant français disputé à Longchamp. Il y a ensuite, début juin sur 2 400 mètres, le derby d’Epsom (mâles) et les Oaks d’Epsom (femelles), dont les équivalents en France sont le prix du Jockey-Club et le prix de Diane (plus court de 300 mètres que la version anglaise). La dernière manche est unisexe, et même intergénérations dans certains pays comme la France et l’Irlande c’est le Saint Leger (prix Royal Oak à Longchamp), le plus ancien de tous et le plus long : 2 920 mètres pour la version originale, créée en 1776 à Doncaster et ainsi nommé, suppose-t-on, parce que Doncaster est jumelé avec Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).

CLEBS : Variante de chien, avec les mêmes effets.

CLOCHE : Accessoire en caoutchouc en forme de cloche d’un poids variable qu’on place autour des sabots d’un trotteur pour les protéger, mais surtout pour lui équilibrer les allures. Désormais, la plupart des entraîneurs préfèrent modifier le poids des fers plutôt qu’utiliser cet artifice.

COMMISSAIRES : Corps d’experts désignés par les sociétés de courses, ils veillent au bon déroulement des épreuves, appliquent le Code et sanctionnent éventuellement les fautifs. A l’image des handicapeurs, ils sont régulièrement l’objet des critiques les plus vives de la part des professionnels, qui les considèrent comme des ennemis au pire, des nuisibles au mieux. Les commissaires sont pour la plupart à peu près bénévoles. Certains sont des experts techniques, comme par exemple ceux qui jugent les allures des trotteurs et décident éventuellement de les disqualifier, et ils sont alors appointés en plus des défraiements auxquels tous ont droit pour leurs déplacements. La société de courses, dont ils font la plupart du temps partie sur les petits hippodromes de province, leur offre généralement un bon déjeuner en préambule à la réunion, ce qui a pu, dans certaines occasions, expliquer des décisions étonnantes a priori.

CORNAGE, CORNARD : Le cornage est une affection des voies respiratoires qui provoque un sifflement lorsque le cheval fournit un effort. On dit d’un cheval victime de cette malformation qu’il est cornard. Le cornage s’opère facilement, de nos jours, mais il fait tout de même partie des vices dits rédhibitoires, par lesquels une vente peut être cassée. Aucun rapport avec le synonyme de « cocu » dans notre belle langue, même si une jument change régulièrement de partenaire, d’une saison à l’autre (voire dans la même saison si un de ses serviteurs a manqué de la « remplir », comme on dit élégamment).

CORDE : Ce n’est pas seulement la partie intérieure d’un parcours. Le numéro de corde est celui qui détermine la position d’un concurrent au départ, le numéro un étant le plus proche de la corde (en Angleterre, c’est le plus proche des tribunes). Ce numéro est tiré au sort au galop, dans les courses plates, et au trot, lorsque le départ est donné à l’aide de l’autostart.

COTE : Expression du rapport probable au jeu simple gagnant. Par exemple, un cheval affiché à cinq contre un rapporte cinq fois la mise en cas de victoire. Ainsi si l’on joue 10 euros gagnant sur un concurrent à cinq contre un et qu’il s’impose, on récupère sa mise initiale — 10 euros donc — et cinq fois cette somme — 50 euros —, soit 60 euros au total. La cote est de cinq contre un mais le dividende pour un euro est de 6 euros. Plus la cote est faible, plus les chances théoriques du concurrent sont grandes, et le rapport espéré faible. Comme c’est un peu compliqué pour le public d’aujourd’hui, on parle plutôt de rapports probables, en euros, c’est-à-dire de la somme que le gagnant toucherait pour une mise de base : 2,80 euros, I 0,20 euros, etc.

CÔTE : On parle ici de la côte de Vincennes, c’est-à-dire la montée de la grande piste de cet hippodrome, correspondant à peu près à la ligne d’en face. On dit d’un cheval qu’il « fait » ou non la côte, selon son aptitude à passer cette portion du parcours, parfois déroutante pour les trotteurs étrangers, habitués aux pistes absolument plates.

COUCHER (se) : Sous l’effet de la fatigue, ou parce qu’il a du mal à négocier un virage, un cheval peut pencher vers l’intérieur de la piste et se reposer, en quelque sorte, sur ses voisins. On dit alors qu’il se couche sur eux.

COUP DE PATTE : Un trotteur donne des « coups de patte » lorsque son trot devient irrégulier, en particulier au niveau des postérieurs, un de ses membres accusant un très court temps de retard sur l’autre. Si ce retard s’accentue, alors le cheval prend le « traquenard » et il s’expose à la disqualification, surtout en fin de parcours, lorsque les juges aux allures se montrent les plus sévères.

COUP DE SANG : La victime d’un coup de sang est congestionnée, souvent en raison d’un régime trop riche, et il convient de la soigner rapidement pour ne pas risquer un engorgement des sabots, qui peut avoir des conséquences fâcheuses.

COUPER LES PATTES : Couper la route d’un adversaire de façon brutale. S’utilise aussi, comme pour les humains, à propos d’une montée, celle de Vincennes en particulier.

CRABE : Mauvais cheval.

CRACK : Champion, avec une notion d’exception. Plus volontiers utilisé au trot. On peut utiliser ce terme pour un jockey ou un driver, à l’occasion : un crack-jockey, un crack-driver.

CRAMER : Faiblir pour avoir prononcé trop d’efforts dans un parcours.

CROISEMENT : Mariage d’un étalon et d’une poulinière, établi généralement après avoir étudié leurs origines respectives et les lignées dont ils descendent. Des croisements sont mauvais lorsqu’ils répètent l’alliance de deux familles dont l’expérience dit qu’elles ne réussissent pas ensemble.

CROIX (faire des) : Parier selon la formule des champs réduits. On marie une ou des bases à un certain nombre de « croix », c’est-à-dire à des concurrents associés. L’expression se réfère à la croix que l’on devait tracer sur les anciens tickets de PMU lorsqu’on usait de ce mode de pari. Le marquis de Croix fut aussi le premier président de la société du Cheval français, c’est à dire des trotteurs.

CUIT : Fatigué, dans une course ou en fin de carrière.

D

DEAD-HEAT : « Course morte » en anglais, c’est-à-dire ex-aequo. Se prononce à la française, comme un mot qui s’écrirait « diditte ».

DEBOULEUR : Trotteur capable de démarrer très vite. Vient du verbe débouler.

DEOURRER : Dresser un cheval, quelle que soit sa spécialité. La plupart des futurs compétiteurs sont débourrés durant le deuxième semestre de leur deuxième année. On parle de débourrage.

DECHARGE : Les apprentis et les jeunes jockeys bénéficient d’une décharge, c’est-à-dire que leurs partenaires portent moins de poids que s’ils étaient associés à des jockeys confirmés, sauf dans certaines épreuves comme les courses de groupe. Cette décharge baisse progressivement au fur et à mesure que le palmarès de l’apprenti s’enrichit, jusqu’à 70 victoires, lorsqu’il « perd sa décharge ».
Le jeune jockey passe alors un cap difficile car il n’a plus d’avantage par rapport aux cavaliers professionnels.

DECLASSE, DECLASSER : Concurrent prenant part à une épreuve d’un niveau inférieur au sien, soit parce qu’il est en train de combler son retard après un début de carrière contrarié, soit parce qu’il n’a pas son pareil dans sa promotion. Un entraîneur qui laissera volontairement un de ses pensionnaires au placard tentera en fait de le déclasser.

DECOUPER EN RONDELLES : Beaucoup cravacher.

DEFERRER : Oter les fers d’un trotteur dans le but d’alléger son allure. L’effet est parfois très positif et les entraîneurs doivent désormais déclarer officiellement s’ils envisagent ou non de déferrer leurs pensionnaires, des quatre jambes, ou seulement des antérieurs ou des postérieurs.

DELICAT : Fragile ou difficile, selon le contexte, pour un cheval.

DENTISTE : Les dents des chevaux poussent et peuvent les gêner avec un mors dans la bouche. Par exemple les dents de loup sont de fausses canines qui apparaissent quelquefois à l’endroit même où passe l’embouchure. Il faut donc des dentistes pour les limer, les soigner et éventuellement les redresser. On peut déterminer l’âge d’un cheval grâce à cette repousse des dents, de la même façon qu’on peut évaluer l’âge d’un arbre en comptant les anneaux dans la coupe du tronc.

DERBY : Course de galop mettant aux prises les meilleurs chevaux de trois ans, généralement sur la distance de 2 400 mètres, considérée comme la distance classique en Europe. Le mot vient du derby d’Epsom, ainsi baptisé en souvenir de lord Derby, un de ses fondateurs, qui a remporté sur lord Bunbury le tirage au sort à pile ou face dont le gagnant devait donner son nom à l’épreuve qu’ils venaient de créer. Le prix du Jockey-Club est l’équivalent du Derby en France.

DEROBER (se) : Un cheval se dérobe lorsqu’il quitte brusquement les rangs, soit à l’approche d’un obstacle qu’il n’envisage pas de franchir, soit en vue des écuries, ou pour des raisons inconnues du commun des mortels auquel il est associé.

DESUNIR (se) : Se dit d’un trotteur qui prend progressivement le galop en se perdant dans ses allures.

DETRONCHER : Persuader un parieur de ne pas suivre son idée initiale. Initiative ignorée lorsqu’elle est justifiée, mais susceptible de brouiller à vie deux amis de trente ans si elle ne l’est pas.

DIESEL : Cheval lent à se mettre en jambes mais généralement doté de beaucoup de tenue.

DIRT : Surface alternative utilisée surtout en Amérique. Le dirt est un mélange de sable et de terre qui permet de courir par presque tous les temps, contrairement au gazon. Des pistes en sable, généralement plus lourdes que le dirt, sont apparues dans d’autres régions du monde, et notamment en France, mais les grandes épreuves du programme n’y sont pas disputées, en tout cas en Europe. Il s’agit alors, à Pau et Cagnes-sur-Mer, d’une garantie pour les mois d’hiver.

DISTANCE/DISQUALIFIE : Lorsqu’un trotteur prend des allures autres que le trot régulier, le galop en général, il est disqualifié — ou distancé — par les juges aux allures.

DRESSEUSE : Sulky lourd et long qu’on utilise la plupart du temps pour débourrer ou promener les chevaux.

DRIVER : Équivalent au trot attelé du jockey. Se prononce généralement à la française, comme un mot qui s’écrirait « driveure ».

E

EAU (faire de I’) : Au saut d’une rivière, lorsqu’un cheval laisse ses postérieurs dans l’eau à la réception, on dit qu’il « fait de l’eau ». C’était par le passé très grave dans la mesure où la rivière des tribunes à Auteuil, par exemple, était un bassin dont les bords étaient aigus. Un cheval qui y faisait de l’eau pouvait s’y briser les jarrets. C’est à présent une pente douce qui n’offre plus un tel risque.

ECART : Nombre de courses disputées par un driver ou un jockey depuis sa dernière victoire. Si ce nombre de défaites consécutives devient anormalement important, on dit de l’intéressé qu’il est « à l’écart ».

ECHELLE DES POIDS : La valeur des pur-sang est évaluée en livres, soit un demi-kilo, et de sa valeur théorique dépend le poids qu’il porte dans les courses à handicap. L’échelle des poids va du plus petit poids (bottom-weight) au plus important (top-weight) de la course et un cheval peut « baisser » ou « monter » sur cette échelle selon ses dernières performances. Par exemple, une victoire lui vaudra ce qu’on appelle dans le jargon une pénalisation, et il grimpera alors sur l’échelle. Inversement, une série de défaites peut l’autoriser à « baisser », le handicapeur ôtant une ou plusieurs livres de sa valeur théorique. S’il se retrouve progressivement à une valeur bien inférieure à celles qu’il a pu fournir par le passé, on dit de lui qu’il est « lâché au poids ».

ECHELLISTE : Parieur ou pronostiqueur qui tient sa propre échelle des valeurs. Il la compare à celle du handicapeur pour établir ses paris ou ses pronostics.

ECURIE (Faire) : Lorsque deux ou plusieurs chevaux dépendent d’intérêts communs, ils «font écurie » ou sont « couplés gagnant ». Parier au jeu simple sur l’un d’eux, c’est aussi parier sur l’autre ou les autres.

EGALITE : Rapport gagnant de deux euros pour un euro.

ELASTIQUE : Au trot, les concurrents doivent généralement effectuer un quart de volte au milieu de la piste pour s’élancer. Récemment encore, des rubans élastiques étaient lâchés au dernier moment par les starters pour s’assurer qu’aucun concurrent ne « volerait » pas le départ. Ils ont progressivement été remplacés par des cellules photoélectriques.

ELEVEUR : Propriétaire d’un poulain à sa naissance. Ce n’est pas nécessairement celui qui le met au monde car il peut s’agir d’un « éleveur sans terre », qui confie ses poulinières à un naisseur professionnels et lui laisse souvent les poulains jusqu’à leur départ pour les ventes ou l’entraînement. En France, les éleveurs ont accès, dans toutes les disciplines, à un programme plus ou moins riche de primes, pourcentages des gains des chevaux qu’ils ont conçus, même si ceux-ci ont changé de main depuis.

EMBOUCANER : Synonyme de détroncher, plus précisément en apportant la confusion.

EMMURE VIVANT : Concurrent bloqué dans le peloton, dont il ne parvient pas à s’extraire.

ENCEINTE : Une jument ne tombe pas enceinte, elle est pleine après qu’un étalon l’a remplie au cours d’une saillie. C’est l’amour à la campagne. On parle aussi des enceintes d’un hippodrome : la pelouse, au centre, le pesage, aux tribunes, et les balances, où jockeys, entraîneurs, propriétaires et officiels ont accès.

ENLEVER (s’) : Pour un trotteur, se mettre au galop.

ENRENER : Placer la tête du trotteur plus haut que de nature à l’aide d’une pièce de cuir reliant le harnais ou la selle à la bride, qu’on appelle enrênement. Au galop, on dit parfois d’un cheval qui s’impose facilement qu’il « gagne enrêné ».

EPAVE : Cheval usé, fatigué.

EXPLOSER : Se mettre au galop, pour un trotteur.

EXTEROÏDE (à I’) : Partie extérieure du peloton, de la piste.

F

FAUTIF, FAUTIVE : Au trot, un cheval au galop. Dans les courses d’obstacles, se dit d’un cheval qui rate un saut, sans nécessairement tomber pour autant.

FENCE : Signifie « barrière », mot anglais pour désigner les obstacles des steeple-chases. Les fences sont droits et assez épais, on ne peut pas les « brosser », c’est-à-dire que les sauteurs ne doivent pas laisser leurs antérieurs passer à travers leur partie supérieure, comme ils le font en France sur la plupart des obstacles.

FENETRE (passer par la) : Exercice périlleux et généralement involontaire d’un jockey d’obstacles éjecté par sa monture, en général à la réception du saut lorsque le cheval arrive trop à la verticale.

FERMER UN JEU : Dans un pari combiné, s’assurer que toutes les combinaisons possibles entre les numéros sélectionnés sont couvertes par son enjeu, c’est-à-dire préférer un combiné simple à un champ réduit. S’utilise souvent sous forme de regret : « J’ai fait le champ au jum’ du 4 avec le 6 et le 8. Le 4 se pète et v’là qu’y m’affichent le 6 et le 8. J’aurais dû fermer… » L’auteur a parié sur deux jumelés, 4-6 et 4-8. Le 4, la base de son champ réduit, a été disqualifié. En revanche, le 6 et le 8 sont arrivés aux deux premières places. S’il avait fermé son jeu, c’est-à-dire parié aussi sur la combinaison 6-8 moyennant une mise supplémentaire, il aurait touché un beau jumelé. Il a raison : il aurait dû fermer.

FICELLE : Se dit d’un concurrent qui n’a pas défendu ses chances.

FINIR UN CHEVAL : Au galop, monter énergiquement son partenaire jusqu’au poteau sans se relâcher, mais sans l’occire.

FIT : Mot anglais, prononcé « fite », signifie généralement « prêt » mais souvent avec une connotation négative, pour un cheval un peu amaigri par un surplus d’exercice.

FLYER : Pur-sang dont les performances sont les meilleures sur des distances comprises entre I 200 et I 600 mètres.

FOUAILLER DE LA QUEUE : Expression chez certains chevaux d’une mauvaise volonté. Ils agitent la queue sous l’effort ou sous les coups de cravache.

FROID : Un cheval froid met du temps à se mettre en jambes et il ne répond qu’aux sollicitations les plus soutenues.

G

GAVER (se) : Toucher de nombreux gagnants ou réussir un carton plein.

GAYE : Cheval.

GENTLEMAN : Jockey amateur. On dit aussi gentleman-rider. Toutefois, cela ne signifie pas que les manières du personnage sont celles d’un gentleman.

GOURME : Rhume, grippe, chez le cheval.

H

HANDICAP : Type d’épreuve dans lequel les chances respectives des concurrents sont théoriquement égalisées par le poids que chacun porte. Idéalement, si les chevaux couraient en couloirs, ils passeraient le poteau en même temps grâce à ce procédé. Au galop, la plupart des tiercés sont organisés sur des handicaps.

HEAT : Séance d’échauffement, au trot, dans les heures qui précèdent le départ d’une course. Certains trotteurs effectuent plusieurs heats dans l’après-midi.

HERBE : On court encore en France sur des pistes en herbe, au trot attelé comme au trot monté. C’est même une surface qui sourit particulièrement à certains spécialistes, qu’on peut désigner sous une jolie expression : « bête d’herbe ».

HONGRE : Cheval castré.

I

INBRED : Procédé d’élevage visant à concentrer dans le pedigree d’un cheval le sang d’un champion qu’on retrouve plusieurs fois dans ses origines. On accompagne souvent cet adjectif par un degré de Consanguinité : Par exemple, un pur-sang dont les deux grands-pères ne font qu’un sera « inbred 2 x 2 ». Un autre dont l’arrière-grand-père et le grand-père sont le même sera « inbred 2 x 3 », etc.

J

JARRET : Partie inférieure des membres postérieurs.

JAUNE : Alezan — c’est-à-dire roux — très clair, avec du blanc, souvent, aux jambes et sur la tête.

JEU (cheval de) : Allié tactique, concurrent servant les intérêts d’un compagnon d’écurie ou de casaque, pour lequel il assure un train soutenu à la course. On dit aussi un leader.

JUMLAGA : Jumelé, on dit aussi « triplaga » pour le trio.

L

LAD : Employé prenant soin au quotidien des chevaux de courses.

LAPIN A ROULETTES : Trotteur médiocre, souvent en raison de ses allures douteuses.

LEADER : Synonyme de cheval de jeu, mais aussi d’animateur, selon le contexte.

LIONS (piste des) : Une des pistes d’entraînement les plus fameuses de Chantilly, où sont basés la plupart des meilleurs pur-sang en France. On galope « sur les Lions », ligne droite lourde et ascendante en sable, longue de 4 kilomètres environ.

LIRE ET ECRIRE (savoir) : En prenant de l’expérience, certains chevaux d’âge deviennent parcimonieux de leurs efforts, ou développent une sorte d’intelligence de la course qui peut même faire défaut à leurs partenaires. On dit alors qu’ils savent lire et écrire.

M

MACHINE A JAMBON : Cheval donnant des coups de patte (voir ce mot).

MAIDEN : Un galopeur maiden n’a pas encore gagné sa course. Une course réservée aux chevaux n’ayant pas gagné est un maiden également. On dit d’un pur-sang qui a remporté sa première victoire qu’il a « gagné son maiden ».Tiré de l’anglais « vierge ».

MAIN : Un jockey ou un driver, pour sortir de l’ordinaire, doit avoir une « bonne main », cette faculté de détendre son partenaire ou d’obtenir de lui ce qu’on désire, de régler sa vitesse aussi, simplement en prenant les rênes. Cela semble très simple mais ne s’apprend pas. On dit aussi d’un jockey dont le cheval semble avoir beaucoup de ressources qu’il en a « plein les mains ».

MARTINGALE : Pièce de harnachement reliant la sangle au mors du cheval par le poitrail et visant à garder la tête du cheval basse. C’est aussi une méthode de jeu basée sur la répétition d’un pari donné jusqu’à ce qu’il soit gagnant (voir miche).

MATELASSIER : Parieur dont la méthode consiste à parier placé sur de gros favoris. On dit aussi « matelasser » lorsqu’on adopte cette méthode.

METTING : Période durant laquelle un certain nombre de réunions sont concentrées dans un lieu ou dans une ville. Le meeting royal d’Ascot dure quatre à cinq jours, le meeting d’hiver de Vincennes dure quatre mois. La formule a de plus en plus de succès en France. Les meetings de juillet à Deauville et Vichy se sont bien installés dans le programme.

MICHE : Favori, invariablement utilisé au masculin. Exemple : « Bernard, il n’a rien compris. Il passe ses après-midi à faire des martingales sur le miche. Il pourra jamais se refaire. »

MILER : Pur-sang dont les performances sont les meilleures autour de I 600 mètres.

MODELÉ : Apparence du cheval, dont on dit qu’il a par exemple un « beau modèle », ou un « petit modèle » (s’il n’est pas grand), ou pas de modèle du tout (s’il n’est pas impressionnant).

MORAL : Le moral d’un cheval, comme le moral des troupes.

MORNING GLORY : Toujours au féminin, signifie « gloire du matin » en anglais, se dit d’un cheval qui ne confirme pas en course les dispositions dont il fait preuve le matin, à l’entraînement.

MORT : Concurrent qu’on soupçonne de « ne pas rouler », c’est-à-dire de ne pas être en mesure de défendre ses chances, soit par la volonté de son entourage, soit parce qu’il n’est pas prêt.

MUSIQUE : Succession de chiffres correspondant aux classements obtenus par un cheval au cours de ses dernières sorties. Se lit en France de gauche à droite, de la plus récente à la plus ancienne. Exemple : « I 2 5 (0 I) 3 0 » signifie que le concurrent en question reste sur une victoire, qu’il a terminé deuxième auparavant et qu’il a débuté l’année 2002 par une cinquième place. Il a en revanche terminé l’année 2001 par une troisième place, précédée d’une « bulle », c’est-à-dire un « non-placé », matérialisé par un zéro. On trouve aussi «T » pour tombé, « D » pour disqualifié, ou encore « arr » pour arrêté. Selon la discipline dans laquelle s’est déroulée cette performance, on trouvera après chaque mention les initiales suivantes : « p » pour plat, « h » pour haies, « s » pour steeple-chase, « m » pour trot monté, « a » pour trot attelé.

N

NAGEUR : Galopeur dont l’aptitude aux terrains lourds est vérifiée.

NATIONALITP : C’est le droit du sol qui prévaut chez les chevaux de course. Même issu de parents anglais et élevé en Irlande, un poulain né en France portera le suffixe « FR » toute sa vie. Cela arrive souvent chez les pur-sang dans la mesure où d’une gestation à l’autre, les poulinières visitent leurs fiancés successifs accompagnées de leur jeune poulain, ainsi parfois élevé dans un pays différent de celui où il a vu le jour.

NOCE / ENTERREMENT : Lorsqu’il n’a pas parié, après avoir hésité, sur un gagnant qui court à nouveau, le turfiste hésite encore une fois, par dépit, à le suivre sous prétexte qu’il « n’a pas été à la noce et n’ira pas à l’enterrement ».

NOIR : Malchanceux.

NOIRCEUR : Malchance.

NON-PARTANT : Concurrent déclaré forfait après la déclaration de partants, qui a lieu en France 48 heures avant le jour de la course, et 72 heures dans certains cas (pour le quinté+ du mardi).

NOSE BAND : Pièce de sellerie couverte de fourrure blanche ou noire et disposée sur le nez du cheval. Ce procédé l’oblige généralement à baisser un peu la tête, réflexe qui lui permet de rétablir son champ de vision. Quelques entraîneurs s’en servent aussi pour mieux repérer leurs concurrents dans un peloton.

NOTE : Concurrent repéré lors d’une précédente sortie. Souvent évoqué à l’issue d’une course dans laquelle le parieur a judicieusement touché un outsider : « C’était la note aux Andelys ! »

O

OEIL (sur I’) : Un cheval sur l’oeil ou « voyant » est attentif à tout ce qui se passe autour de lui et impressionnable à la fois. Un geste brusque, ou l’envol d’un lapin, peuvent l’effrayer, comme tout ce qui est imprévu, même inoffensif.

œillères : Accessoire assez laid disposé sur la tête d’un cheval et qui limite son champ de vision.

Cet ustensile permet de s’assurer de sa concentration, ou de stimuler sa bonne volonté. Au galop, il est déclaré officiellement à la déclaration de partants.

OPEN DITCH : Obstacle précédé d’un fossé.

ORDRES (aller aux, être sous les) : Avant de monter à cheval, les jockeys vont au rond de présentation recevoir les ordres des entraîneurs, dont ils tiennent parfois compte. Cela procède du rituel et divertit le propriétaire, soudain complice de son entraîneur et de son jockey, deux personnes qu’il paie d’ailleurs pour ça. Peu avant le départ, les jockeys se placent « sous les ordres » du starter, qui donne le signal.

OUTSIDER : Cheval dont les chances sont maigres.

P

PAMPA (finir dans la) : Terminer loin des premiers.

PAN : Mauvais driver, mauvais jockey. Désigne tout personnage incompétent dans l’entourage du cheval.

PAPIER (faire le) : Étudier minutieusement les performances de tous les concurrents.

PATATES (champ de) : Mauvais champ de courses.

PAS (se mettre au) : Céder complètement.

PEINTRE : Mauvais driver.

PEINTURE : Beau cheval.

PELOUSE : Centre de la piste. La pelouse, presque entièrement disparue aujourd’hui (elle est gratuite à Longchamp et à Auteuil), est l’enceinte la moins chère, celle où les « pelousards » de jadis inventaient quelques-unes des plus belles expressions du turf, largement reprises dans le script du Gentleman d’Epsom. Les trois enceintes de la pelouse à Auteuil portait les beaux noms de Tonkin, Congo et Madagascar, en référence aux colonies de l’époque.

PELOUSARD : Turfiste fréquentant la pelouse et dont le langage fleuri a souvent donné des perles dignes de Michel Audiard ou d’Henri Jeanson.

PENETROMETRE : Instrument de mesure permettant d’évaluer l’état du terrain. Certains commentateurs facétieux, dont le coauteur de cet ouvrage, ont affublé ce génial ustensile d’un titre amical : « notre ami le pénétromètre ».

PESAGE : Par opposition aux balances, la zone publique d’un champ de courses, placée néanmoins du même côté de la piste – l’extérieur – que l’enclosure réservée.

PETER (se) : Pour un trotteur, se mettre au galop. Souvent utilisé sous la forme impérative au cours d’une arrivée disputée : « Pète-toi Bazire ! », signifie que l’auteur a parié sur l’adversaire du partenaire de Jean-Michel Bazire et qu’il souhaite ardemment, quoique pas très sportivement, voir ce dernier disqualifié.

PETITE (faire la) : En se présentant devant un obstacle, certains chevaux corrigent leur placement au dernier moment, parfois de façon impromptue et périlleuse. On dit alors qu’ils « font la petite ».

PHOTO : Lorsque l’écart entre deux chevaux à l’arrivée est trop faible pour les départager, on utilise la photo-finish. Inversement, et par ironie, lorsqu’un concurrent gagne détaché de ses adversaires, on peut s’exclamer : « Y a pas photo ! » On est battu de peu quand on est « battu à la photo ».

PIED (à) : Sanctionné pour comportement dangereux ou toute infraction importante au code des courses, un jockey ou un driver est généralement interdit d’exercer sa spécialité pendant un certain temps. Il est alors « mis à pied ».

PIQUEURS DE BOEUE : Terme pas très courtois par lequel certains galopeurs désignaient leurs confrères du trot, aussi qualifiés de « trotteux ». Référence aux origines essentiellement rurales du trot en France.

PIPE (fumer la) : Se dit d’un driver qui contrôle la situation dans le parcours ou à l’arrivée.

PIQUOUZE : Délire paranoïaque fréquent chez les turfistes, qui soupçonnent parfois les entraîneurs de faire appel au dopage.

PLAT : Courses de galop sans obstacles, comme celles de Longchamp, Saint-Cloud ou Chantilly.

POMPE A VELO : Jockey critiquable, par allusion à son style.

PRISE : Chute importante de la cote d’un cheval, ce qui signifie que de nombreux paris ont été effectués sur ses chances dans les dernières minutes avant le départ.

R

RAMPER : Faiblir en fin de parcours, soit par fatigue soit par mauvaise volonté, auquel cas on parle de « rampeurs », voire d’une « famille de rampeurs » lorsque la mauvaise volonté est manifestement inscrite dans les gènes d’une lignée.

RAQUETTE DE DEPART : Espace aménagé à l’intérieur de la piste et qui permet au trotteur d’accomplir le quart de volte préalable au départ.

RASE : Fatigué, usé.

RAT, RAT-MULOT : Mauvais cheval.

RECEVOIR DU POID : Au galop, porter moins de poids que ses adversaires.

RECLAMER (course à) : Épreuves dont les concurrents sont à vendre. Au galop, ils portent un poids en rapport avec le taux de réclamation auquel leurs propriétaires les ont inscrits. A l’issue de la course, chacun peut déposer dans une urne prévue à cet effet un bulletin secret sur lequel ils inscrivent le prix — nécessairement supérieur au taux de réclamation — qu’ils consentent à offrir pour tel ou tel concurrent. L’offre la plus forte emporte le cheval. Le propriétaire peut « défendre » son représentant en déposant lui-même un bulletin.
Au trot, dans certaines épreuves, les concurrents dont les gains sont les plus importants s’élancent 25 ou 50 mètres derrière les moins riches de la course. On dit qu’ils « reculent » de 25 ou 50 mètres. Si les conditions d’une course stipulent, par exemple, que les chevaux ayant des gains supérieurs à 20 000 euros rendront 25 mètres, on dira d’un cheval qui a 18 000 euros de gains qu’il est à « 2 000 euros du recul ». Si ses gains approchent de très près ce plafond, on dit qu’il est « à la limite du recul ».

RETARD DE GAINS : Surtout au trot, cheval dont les gains ne reflètent pas la véritable valeur. Comme les gains déterminent les engagements des trotteurs en France, il peut ainsi se retrouver au départ de courses ouvertes à des adversaires moins bons que lui mais déjà « chargés en gains ».

REUNION : Ensemble de courses, généralement sept à neuf de nos jours, disputées l’après-midi (diurne), en fin d’après-midi (semi-nocturne), le soir (nocturne), ou le matin (à Dax, par exemple, pendant la feria).

ROBE : Couleur d’un cheval. Les plus nombreux sont les « bais », bruns aux crins noirs, « alezans », c’est-à-dire roux, ou gris, ce qui couvre tout un spectre allant du blanc (dont il se rapprochera en vieillissant) au gris foncé. On trouve aussi des bai brun, des bai brun foncé (presque jamais du noir), ou encore des « alezan brûlé », dont la couleur se rapproche de celle du cuivre.

ROUGE : Le « rouge est mis » lorsque les commissaires valident l’arrivée d’une épreuve. On parle aussi de « rouge aux partants », lorsque tous les partants ont été comptabilisés, juste avant une course.

ROULER : Un cheval qui « roule » va défendre ses chances. Si en revanche, on a le sentiment qu’il ne l’a pas fait, on peut estimer qu’il « n’a pas roulé », et vous l’êtes si vous avez parié sur lui.

RUBANS : Élastiques de départ. Les débouleurs « sortent bien des rubans ».

S

SAILLIE : Accouplement chez les chevaux. On emmène une jument à la saillie, on demande le prix de saillie d’un étalon. Les pur-sang sont obligés de se conformer à la saillie naturelle, mais chez les autres races, l’insémination artificielle est largement utilisée. Elle peut se faire sur place, par prélèvement immédiatement inséminé, ou plus tard, après refroidissement ou même congélation du sperme. Excité par une jument, le reproducteur est dirigé vers un mannequin en cuir dans lequel il éjacule sans coup férir. La semence est collectée dans un tube en plastique. Les saillies des étalons les plus recherchés, chez les pur-sang en particulier, peuvent coûter très cher. Les services d’un reproducteur comme Sadler’s Wells, sans doute le plus cher en Europe, coûtent actuellement environ quatre cents mille euros, or l’animal couvre plus de 120 juments chaque année. Certains étalons, et ils sont de plus en plus nombreux, doublent les revenus de leurs propriétaires en passant six mois de l’année dans l’hémisphère Sud, où la saison de monte est décalée par rapport à la nôtre. Ils saillissent ainsi parfois plus de 350 poulinières dans l’année.

SANG : Influx d’un cheval, dont on dit qu’il a « du sang » ou qu’il est « près du sang ».

SAVONNER : Transpirer, chez un cheval. La sueur des chevaux est blanche, comme de l’écume, et elle évoque la mousse du savon.

SENATEUR (train de) : Allure réduite, dans un parcours.

SIGNALEMENT : Description précise d’un cheval, effectuée à différentes périodes de sa vie par les services des haras nationaux, qui précisent sa robe, sa taille, les taches qu’il a sur le corps et toute particularité physique qui le différencie des autres. On vérifie le signalement d’un cheval avant ou après une course.

SOLEIL : Favori évident.

SORTIR/TIRER L’ARGENT DF LA POCHE : Lorsqu’un concurrent est particulièrement séduisant durant les canters au trot ou au rond de présentation au galop, on dit qu’il « tire l’argent de la poche ».

SPORTSMAN : Terme désuet désignant un amateur de courses, généralement averti et devenu rare.

SPRINTER : Pur-sang dont les performances sont les meilleures sur des distances inférieures à 1400 mètres.

STARTER : Personne chargée de donner le départ et d’en vérifier la conformité avec le code. Travail très exposé àVincennes depuis la mise en place des cellules photoélectriques, que beaucoup
de drivers ont du mal à respecter.

STAYER : Pur-sang dont les performances sont les meilleures sur des distances supérieures à 2 400 mètres.

STUD BOOK : Livre généalogique dans lequel sont référencés les membres d’une race de chevaux particulière. Il existe un stud book du trotteur français, plusieurs stud books du pur-sang, comme il existe un stud book des quarter horses.

SULKY : Petit attelage utilisé chez les trotteurs. Les vieux sulkies longs ont été supplantés au début des années 1990 par les sulkies courts, venus de Scandinavie et d’Amérique du Nord sous les marquesBrodeur (Canada) ou Custom (Suède). A l’origine, les sulkies étaient des attelages très haut perchés et lourds. Il se sont affinés avec le temps, mais les plus beaux sont probablement les sulkies italiens courts des années 1950-1960, de vraies pièces de musée qui ont parfois été attelés aux champions du circuit européen. Ce sont des sulkies artisanaux signés Biocarelli ou Torricella, par exemple. Ils sont tous équipés de roues de vélo dont les rayons sont couverts par des « flasques », des disques en plastique transparent qui évitent aux sabots des chevaux de pouvoir se prendre dans les rayons d’un adversaire.

SWEEPSTAKE : Couplage de l’arrivée d’une épreuve et d’un tirage de loterie, généralement destiné à augmenter les rapports.

T

TAPIS DE SELLLE : Pièce de drap, de laine, de tissu synthétique ou de mousse placée sous la selle. Un autre tapis, sur lequel est inscrit le numéro du concurrent, est également glissé entre la selle et le tapis original.

TENUE : Capacité à tenir la distance.

TETE (lâcher la) : Laisser un cheval donner le meilleur de lui-même après l’en avoir empêché au cours des précédentes sorties. Interpellé par un parieur dans un café, qui lui avait demandé quand il comptait « lâcher la tête » avec un de ses pensionnaires, un entraîneur classique avait répondu : « Mais mon pauv’ vieux. Si on lâche la tête, elle tombe. »

TIRER : Un cheval qui tire veut aller plus vite que son partenaire ne le désire et il « fait les bras » de son jockey ou son driver, qui tente de l’empêcher d’aller. Par extension, ce terme désigne aussi l’action d’empêcher un cheval de défendre ses chances, mais, dans ce cas, ce n’est pas lui qui tire, c’est n’importe quelle personne appartenant à son entourage, accusée d’être à l’initiative de cette pratique illicite.

TOCARD : Concurrent sans chance de victoire, gros outsider.

TOLE : Écurie, désigne parfois un propriétaire ou un entraîneur.

TOUR (faire le) : Disputer une course sans avoir l’intention d’y défendre ses chances.

TOUT SEUL : (courir) Se dit d’un cheval qui affronte des adversaires en théorie bien moins bons que lui et dès lors assuré de la victoire (ce qui n’est pas une garantie).

TRAIN : Allure d’une course. Si elle « manque de train », elle n’a pas été rapide. On parle de « course sans train ». Fréquent en plat sur les hippodromes parisiens. Les entraîneurs s’en plaignent souvent alors que la plupart d’entre eux recommandent à leurs jockeys de ne pas aller devant. Or si personne ne veut prendre l’initiative, le peloton n’ira pas très vite…

TRAQUENARD : Sujet à controverse. C’est un trot irrégulier, lorsque les antérieurs trottent mais les postérieurs galopent. Un cheval fatigué ou mal réglé finit souvent pas aller au traquenard dans des proportions qui, parfois, nécessitent sa disqualification. Mais il faut s’en remettre aux juges aux allures pour prendre une décision, et c’est souvent délicat et prodigieusement agaçant.

TROU : Désignait autrefois les « course-par-course », c’est-à-dire les agences du PMU dans lesquelles on pouvait parier en direct puis écouter le grésillement censé égrener le déroulement des épreuves. Ce terme exprime assez bien la propreté et la classe de ces salles enfumées et pas souvent bien fréquentées, que le service commercial du PMU a remplacées progressivement par des points-courses (entrée payante et siège en tissu) ou des cafés-courses (entrée gratuite et chaise en plastique).

TURBIN : (monter un) Faire une affaire de jeu, généralement « ficeler », « bigorner » ou « tourner » (voir ces mots) un cheval avant une victoire, sur laquelle l’entourage a parié.

TURF : Tout ce qui a trait aux courses de chevaux, sous entendu au galop. Désigne aussi le journal Paris-Turf, référence des turfistes.

TURFISTE : Amateur de courses de chevaux.

V

VIANDEUX : Adjectif désignant un cheval dont les muscles semblent lourds.

VIVANT : Nom masculin, quel que soit le sexe du cheval qu’il désigne. Contraire de « mort » (voir ce mot), c’est-à-dire concurrent prêt à donner le meilleur de lui-même, ou qu’on s’attend à voir donner le meilleur de lui-même (un « vivant » peut devenir un « mort » en l’espace de quelques dizaines de mètres).

VOLER : Se dit d’un cheval qui va très plaisamment, en général durant l’échauffement ou l’entraînement. Poulain d’un an. Chez les pur-sang, la plupart passent en vente en été et à l’automne. Le principal organisme de vente de yearlings en France est l’Agence française, à Deauville. Tous les étés au mois d’août, puis en octobre, des propriétaires et des éleveurs du monde entier s’y donnent rendez-vous. Ces enchères sur des bébés galopeurs sont un spectacle assez étonnant pour le néophyte. Le plus cher jamais vendu en France a atteint 10 millions de francs mais le record mondial est de 13,1 millions de dollars, payés par Robert Sangster et compagnie aux ventes de Keeneland, dans le Kentucky, dans les années 1980.Attention aux gestes inconsidérés !

Source : Le grand livre des courses par José COVES Emmanuel ROUSSEL.